Marron :
Aujourd'hui , j'ai choisi le mot marron....
Marron : nom masculin et adjectif
De nombreux sens , autre autres :
- grosse châtaigne
- fruit du marronnier d'Inde
- couleur
(populaire ): coup de poing
Sens et histoire :
Le marron que l'on mange grillé, glacé, en purée et qui accompagne souvent la dinde ou entre dans la confection de délicieuses bûches, est en réalité une châtaigne, fruit du châtaignier (les marrons de Lyon étaient jadis très apréciés)...Son nom est issu de l'italien marrone, grosse châtaigne, mot dérivé du radical prélatin marr-, caillou, pierre (XIVème siècle).
Quant au fruit du marronnier qui jonche à l'automne les routes et les jardins, c'est le marron d'Inde. Il amuse beaucoup les enfants mais est immangeable. Par contre l'extrait de marron d'inde est utilisé en pharmacie.
Tous deux sont de couleurs marron, mot invariable comme adjectif (des chaussures marron), mais non comme substantif (la mode est aux marrons foncés).
En langage familier, le marron désignait autrefois la tête. Cette acception a aujourd'hui disparu : on ne dit plus "donner un coup de marron" mais "foutre un marron (ou une châtaigne)", Là aussi les deux mots sont synonymes de coup de poing.
Il existe un autre adjectif marron : celui qui vient de l'hispano-américain cimarron ( de l'ancien espagnol cimarra, fourré) et qui a d'abord signifié "animal domestique redevenu sauvage".
par analogie les colons ont étendu ce sens à l'esclave fugitif...L'adjectif s'accordait alors avec le nom : on disait "une négresse marronne".
Dan un emploi familier marron sert aussi à qualifier quelqu'un qui exerce une profession sans en avoir le titre, de façon illégale, voire malhonnête : courtier marron, médecin marron...
D'où probablement, le troisième sens de l'adjectif (invariable) : frustre, refait.
Expressions :
Tirer les marrons du feu :
Se donner de la peine, courir des risques pour le profit d'un autre.
L'expression se trouve dans la fable de la Fontaine Le Singe et le Chat, dans laquelle on voit le chat se brûler le bout des pattes en retirant du feu des marrons grillés que le singe croque aussitôt.... mais Jean Antoine de Baïf avait déjà dit : "Le singe tire les marrons du feu avec la patte du chat."
N.B. : l'expression est parfois employée et comprise à tort au sens de retirer un profit d'une affaire où un autre assume les risques " par confusion entre tirer (du feu) et retirer (un avantage, un profit).
Etre marron :
Etre trompé, tomber dans le piège, se faire avoir. Etre paumé (ou servi) marron, c'est être pris en flagrant délit.
Faire quelqu'un marron :
Berner quelqu'un.
Bibliographie : Merveilles et secrets de la langue française (Sélection)
et Dictionnaire de la langue française (Bordas)