Fors..
Aujourd'hui un petit mot qui n'est plus guère employé...Fors
Fors : préposition
- sauf , excepté, hormis...l'emploi de ce mot est vieux ou très littéraire
Sens et origine :
Ce petit mot au charme désuet, synonyme de hors et de hormis et pouvant signifier excepté, sans, sauf, nous est venu du latin foris (dehors), par le vieux français foers, mais peut-être aussi par contagion du germain fir (qui a donné ver en allemand).
La racine se retrouve dans forbanissement, du francique firbannjan, dont il ne nous est resté que bannissement mais qui a donné forban. Elle se retrouve aussi dans le vieux verbe forclore, dont nous n'utilisons plus que le participe passé, forclos - qui s'applique à des affaires classées parce que "hors délai"
Expression :
Tout est perdu, fors l'honneur !
Cette exclamation au laconisme héroïque que François 1er aurait adressée à sa mère Louise de Savoie depuis sa prison espagnole, où l'avait conduit la défaite de Pavie en 1526, est malheureusement apocryphe*.
On peut lire dans sa lettre authentique un propos plus ordinaire : "Pour vous faire assavoir, madame, comme se porte le reste de mon infortune, de toutes choses ne m'est demeurée que l'honneur et la vie qui est saine."
Citations :
"La dame était de gracieux maintien (...),
De doux regard, jeune, fringante et belle,
Somme qu'enfin, il ne lui manquait rien,
Fors que d'avoir un ami digne d'elle."
Jean de La Fontaine, Contes et Nouvelles...Le cocu battu mais content.
"Du houx à la feuille vernie,
Et du luisant buis je suis lasse,
Et de la campagne infinie,
Et de tout, fors de vous, hélas !
Paul Verlaine, Romances sans paroles - Spleen.
Ne pas confondre ce mot avec for (en son for intérieur) ni avec fort
*apocryphe :- adjectif - qui n'est pas de l'auteur auquel on l'attribut ; faux
- En tant que nom : livre religieux non canonique.