Electre est songeuse...Le jeu des mots n°11
Dans ce texte 34 mots fournis par vous ont trouvé leur place...(voir la liste et les liens vers vos blogs dans l'article dessous)
Il m'en reste huit pour la prochaine fois...vous pouvez en poser d'autres sous ce texte... Merci à vous...Je vous souhaite une bonne journée... Pour les nouveaux lecteurs chaque texte écrit avec ces mots fait partie de L'histoire d'Anatole (rubrique Jeu des mots)
Electre s’était levée la tête pleine de bonnes résolutions. « Saperlipopette ! », comme disait Anatole, elle devait se reprendre. Certes elle n’avait pas eu la vie facile, mais elle avait la chance d’avoir un fils magnifique qui avait trouvé un métier correspondant à ses passions. Elle avait quand même fait un beau parcours, elle devait en voir les points positifs. Quand on conçoit qu’aucune vie n’est simple et que parfois le destin semble nous mettre des bâtons dans les roues, et s’amuse à nous berner, nous faisant suivre des labyrinthes dont on croit ne jamais trouver l’issue, quand on accepte ce fait, on ne doit pas se comporter comme une victime, on doit penser que le succès est au bout de l’épreuve. Elle ne devait pas désavouer ces derniers mois, un peu difficiles pour elle. Elle se rendait compte qu’elle avait voulu oublier ses difficultés existentielles en sortant beaucoup accumulant à gogo des aventures sans lendemain. Soudain avide de sexe, cherchant à travers ses relations éphémères, bien qu’elle s’en défendît de l’affection et de la compassion. Elle espérait toujours trouver un peu plus de profondeur à des amitiés naissantes. Elle avait rencontré des tricheurs distillant leur venin goutte à goutte. C’est de ce poison s’infiltrant lentement en elle : le doute, qu’elle voulait se débarrasser.
Elle espérait que Jacques n’était pas de cet acabit, il était médecin tout de même, il n’allait pas la détruire à son tour, il lui paraissait plein de droiture, se rassurait-elle. Il l’avait rappelée depuis leur sortie, et elle était passée le voir au cabinet, il l’avait reçue entre deux rendez-vous. Il avait parlé un peu d’elle, de lui. Il lui avait dit vouloir prendre son temps, il projetait une autre sortie. Elle avait l’impression de marcher sur des œufs avec lui.
Ah ! si seulement elle pouvait lui jeter un peu de poudre de perlimpinpin qui le rende moins hésitant. Il lui avait raconté comment après son divorce, deux ans auparavant, il avait enchaîné lui aussi des « histoires courtes ». Il avait surfé sur la toile, ouvrant même un blog, il s’était fait parfois l’impression d’un poisson pris dans les mailles du filet que peut représenter le net, quand on s’investit plus que d’autres dans des relations qui ne sont que virtuelles.
Electre se dit à ce moment que si le rire est communicatif, la sagesse l’était vraisemblablement aussi. Elle se sentait apaisée, plus calme, plus sereine, comme au bord d’un lagon quand on se prépare à une baignade agréable….
Ils avaient fini leur discussion par le sujet à la mode, l’incidence possible des O.G.M. sur la santé : un sujet bateau et de circonstance pour alléger l’atmosphère.
Elle était partie ensuite assez vite, car il y avait trois personnes dans la salle d’attente.
Elle avait repris sa voiture, plongée dans ses pensées, se remémorant la fable de La Fontaine, « Le lièvre et la tortue », la morale lui semblait à l’ordre du jour : « Rien ne sert de courir », se disait-elle, je dois trouver « le bon »…
Revenue à l’heure présente, elle appuya sur la télécommande : un spot publicitaire insistait sur l’importance d’aller voter pour les présidentielles.
- On ne risque pas d’oublier, dit-elle à haute voix, elle sourit en pensant à Anatole qui avait traité un journaliste pro-Sarkosy d’âne, devant elle, la dernière fois qu’elle l’avait vu chez lui…Eléonore qui avait une affection toute particulière pour ces braves ânes avait ajouté : « pauvre bête ! » cherchant la complicité du regard d’Electre…
Elle changea de chaîne et tomba sur une émission traitant de pierres précieuses :
- Chouette ! des béryls ! c’est mieux ! déclara-t-elle toujours à haute voix…
Une manie qui lui évitait de penser qu’elle était toujours trop seule…Elle était sous l’enchantement que provoque sur les femmes ces jolis cailloux et l’émission lui fit oublier un moment Anatole, Sarcosy et Jacques…Tout à coup elle vit, dans un coin de la pièce, le pot de sarrette qu’Eléonore lui avait offert en remerciement de tous les conseils qu’elle lui avait donnés pour la création de son jardin en culture biologique…
- Allez Electre bouge-toi un peu ! se sermonna-t-elle, tu dois aller planter ça dans le jardin…la bague de fiançailles en diamant n’est pas encore à l’ordre du jour…
Mais aussitôt elle se dit quand même qu’elle avait bien le droit de rêver après tout...Toujours garder l’espoir, lui disait sa grand-mère…
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