Tous sur le pont !
Bigornette écrit parfois quelques délires, pour ceux qui n'ont pas suivi mes histoires déjantées, vous pouvez retrouver mes textes dans la catégorie "Au plaisir des mots"... Même si chacun d'eux peut se lire de façon indépendante, il y a une certaine logique, vous ne la voyez peut-être pas , mais je vous assure que c'est souvent le cas... Il y a eu des interruptions mais certains textes sont des suites des précédents...
Gens trop sérieux ne perdez pas votre temps...Ne commencez pas à lire, car peut-être ne pourriez-vous pas vous arrêter...hihi !
Tous sur le pont !
Après avoir dansé un moment devant ma feuille pour faire venir l’inspiration, pas la pluie, je saisis mon crayon bien taillé avant qu’il ne se taille… C’est une tendance qu’il a parfois à rouler sous mon lit quand je prends le bloc sur lequel « môssieur » se repose… Ensuite régulièrement je cours après et je risque de basculer la tête la première à tout moment pour le rattraper…
C’est dangereux l’écriture, indépendamment des bonbonnes qui explosent, des grottes qui s’éboulent, on ne mesure pas bien tous les risques encourus avant de s’y aventurer…
Lorsqu’on commence un délire comme je le fais, sans trop savoir où on va, c’est comme de mettre le pied sur un pont en lianes au dessus du vide… Le jeu consiste à progresser gentiment mot après mot, pied après pied, crapahuter de latte de bois en latte de bois sans trop se latter, sous peine de se prendre un coup de latte par un lecteur déçu
Et moi plus j’avance, plus le pont se balance, mais je m’en balance, je contre-poid-te, je contre-pète, je contredis, je contredanse, je me moque des forces centrifuges et centripètes, qui ne valent pas tripette, je contrôle, (mal), mais autant que je peux le tangage… Comme l’atèle, ce singe à grands bras, je me cramponne et je m’attelle à mon récit pour entraîner mes mots, pour leur faire faire un bout de chemin avec moi et avec vous…
C’est Fort Boyard, Les Coulisses de l’exploit, La tête et les jambes, Mission Impossible, Avis de Recherche (oui parfois, je cherche longtemps le seul mot qui convient) Koh Lanta, et l’île de la tentation avec mon Robinson…
Il faut dire que c’est un grand numéro d’équilibriste, d’écrire en regardant la télé, surtout quand en pleine réflexion sur la meilleure façon d’éviter de tomber du pont de lianes, on entend les jeunes de la « Starac »…
Ils sont sept à chercher Mirza, nous demandant où est passé ce chien, dont on n’a vraiment que faire, alors qu’ils en ont tous un au bout d’une laisse…. Et il n’y a pas un pèlerin dans la salle, qui leur dirait, qu’ils ont tous les Mirza, Médor, Rintintin, Rantanplan, Pif, Pluto, Cubitus, Milou, et même le Clochard et sa Belle, tout juste s’ils n’auraient pas aussi les 101 dalmatiens (il n’y avait plus assez de place), sur le plateau. Non, non pensez-vous, on les laisse brailler, pardon chanter et on applaudit… Pauvre de nous ! Quelle époque !
Où en étais-je déjà ? Ah oui, à quelques lattes du milieu du pont, et en dehors du ravin, je ne vois pas matière à m’éclater…N’ayant pas enfilé de parachute, car je n’avais pas prévu cette expédition, je fais gaffe…Mais si je vous disais que c’est quand même balaise, et que mal à l’aise, je n’ai aucune idée de la façon dont je vais finir ma traversée aérienne…Par contre je suis d’accord avec les académiciens, car cette fois-ci ils chantent : ma plus belle histoire d’amour c’est vous ! Alors, oui, je vous le dis c’est vrai… c’est bien vous…
Mais bon, on fait quoi maintenant ? Je ne vais pas pouvoir revenir la semaine prochaine, c’est sûr vous n’allez pas voter pour moi.
Je suis sur le pont et je soupire, mais il n’a pas le charme de celui de Venise, mon pont …
Et comme j’ai trop dansé avant de l’emprunter, il n’a pas non plus le charme de celui d’Avignon… Et là je souris en imaginant que s’ils étaient sympas à la Starac, ils me chanteraient « Sur le pont d’Avignon » pour m’encourager… Avouez que ça changerait un peu, ou bien encore « J’ai du bon tabac »…
Bon, blague à part, j’ai les boules là, en équilibre sur mon pont, plus je stresse, moins j’avance… Suis-je sauvée Nikos ? Ô temps suspends ton vol !
Bon il s’en fiche comme de sa première cravate, il se moque bien de mes états d’âme, il a son tas d’ânes… pardon c’est juste pour le jeu de mots, ils sont mignons quand même, ces petits jeunes…J’ai seulement peur pour eux car leur pont de liane n’est guère plus solide que le mien… Anissa est tombée… Edouard dans la foulée… Les profs font la gueule… Baisser de rideau, la séance est finie…et déjà tout le monde se demande : A qui le tour ?
Et moi, je suis là comme un gland… Autant suspendre mon vol… Je vais donc courir à petite foulée jusqu’à l’autre bout, je suis lâche, donc détendue forcément, mais courageuse quand même, car traverser un pont de lianes en courant ce n’est pas si facile, mais vu l’heure qu’il est, la nuit est tombée, et je n’ai pas de lumière, seul mon cerveau luit encore dans la nuit noire…Emporter une bougie ?... C’était hors de question… je l’aurai mise où ?... je vous le demande ? Mais ne répondez pas… pas la peine de faire le malin !....il ne me reste donc que ma flamme intérieure…
Je vous accorde le droit de dire que j’ai raté l’exercice du pont de lianes…Ben quoi je ne suis pas Tarzan quand même…A l’impossible nul n’est tenu…et l’imbécile n’a pas tenu…
Je n’aurais jamais dû mettre un orteil dessus…Mais l’essentiel n’est-il point que je sois quand même arrivée de l’autre côté ce soir ?…
Tout ça me laisse l’espoir de trouver autre chose pour la prochaine fois… Le retraverser ?... Qui a dit ça ?... ça va pas non ? Je sens que j’ai le cœur qui flanche… Va me falloir un pontage…Hihi !…
Bon dimanche à tous !…
Ci-dessous des images, si vous avez été sages...