Contre la montre...
Je ne réussis pas à trouver le temps de partir à la recherche du temps perdu… C’est fichu d’avance, même en mangeant une madeleine*… C’est même pire, car en remontant le temps j’en perds encore…
Et dans tout ça, je n’arrive plus à m’y retrouver, je dirais même plus comme disaient les Dupond(t) dans Tintin* : à "me" retrouver, plus je fais vite, moins j’avance… En perdant mon temps je perds aussi mes illusions* et la boule, la jeunesse est derrière moi… oui je sais c’est pour tout le monde comme ça, mais quand même c’est moins impressionnant quand on a trente ans… hi hi !
Derrière moi, donc, toute cette jeunesse qui m’a laissé un souvenir d’ennui énorme, l’envie permanente de vieillir, la sensation d’un temps qui n’en finissait pas de laisser passer ses grains dans le sablier… Je disais à ma mère « Si j’étais deux je m’ennuierais moins ! » Ma mère ayant omis de me fabriquer une jumelle se moquait de moi en riant évidemment, loin de penser à ma vraie détresse… C’est à cette époque que j’ai commencé à lire beaucoup, mais je n’avais pas forcément à foison les livres qui m’auraient vraiment plu, à l’époque les BD, et la bibliothèque rose, puis verte…
Tout cela pour vous dire que si j’avais un souhait en ce moment ce serait d’ajouter des minutes aux secondes et des heures aux minutes… Oui, oui dans ce sens-là…ça fait trop ? Vous croyez ? Je suis en train de définir l’infini… hi hi… Au moins j’aurai le temps de dormir de rêver, et d’agir…de faire toutes ces choses dont l’envie m’est venue avec l’âge…
Les contretemps se succèdent à une vitesse folle… Ils s’entrechoquent et me laissent exsangue sur le bitume le nez dans le caniveau* (ça me rappelle quelque chose, le ruisseau serait un luxe…) avec de plus, une sensation curieuse de totale inefficacité dans mes actes journaliers…
Etonnant quand même ce détricotage ou effilochage qui fait qu’on y perd sa chemise et qu’on cherche en vain un moyen pour coincer le brin de laine sur lequel une main invisible tire en douce…
Je n’arrive pas à « passer en maille » des obligations diverses, mais je me pique au jeu et je défie les aiguilles, la petite et la grande, à longueur de journée…. Les yeux rivés sur la pendule, en fan de tricot et de crochet, (sports d’aiguilles que je ne pratique plus depuis que je délire sur ma feuille, toujours à la force du poignet d’ailleurs), je disais donc, que le regard sur l’horloge, je tente des croche-pieds à ces viragos, troublions de mes loisirs que sont ces vilaines aiguilles indiquant toujours l’heure maximum…
Je me sens frustrée dans mon emploi du temps, ce rappel à l’ordre permanent me fait le même effet que les cloches carillonnant à l’impromptu, qui sonnent l’appel des brebis aux vêpres d’après-midi et mettent, de ce fait, fin avec fracas aux agapes joyeuses d’un repas de communion… privant les convives du dessert qu’ils ont aperçu fugitivement dans l’entrebâillement de la porte de la cuisine en arrivant…*
Stop ! Arrêtez-vous ! On respire ! Attention, on repart !...Ou là là ! Elle n’est pas piquée des vers cette dernière phrase… Parfois je me demande si c’est moi qui tient le crayon ou si c’est celui qui tire sur le fil (qui me met à nu) qui l’entraine dans sa boucle… j’imagine votre bobine ébahie et je souris… Ne vous y trompez pas je ne dis pas que j’écris comme un dieu…loin de là… (du moins pas encore, hi hi !) Non, je pense à l’autre petit démon évidemment…Que diable ! Celui qui me fait tourner en bourrique en « jouant la montre »…rouge avec un trident et une queue fourchue…on s’attend (Satan) pas à ça, ça surprend toujours… ! Par Lucifer ! Il n’y a rien à faire que de se laisser faire, alors je suis mon crayon dans des phrases impossibles, plus longues que prévues, qui me font perdre mon temps, de l’énergie et qui j’en suis sûre vous épuisent aussi… Assez de fatigue pour aujourd’hui… j’ai pitié de vous… je ne veux pas non plus vous imposer trop longtemps une lecture difficile…On en bave, n’est-ce pas, à me lire… ? hi hi ! Et vous vous attendiez à quoi d’autre avec un bigorneau ?...Allez Repos ! Bonne journée !
* sont évoqués par ordre d’apparition… Proust, Hergé, Balzac, « Gavroche » d’Hugo et une phrase pastiche, imprégnée que je suis par mes lectures San -Antoniesques (Frédéric Dard)
Bigornette
Pour demain je vous ai concocté des vers à base de légumes pas véreux... hihi... ça s'impose pour le potager...